Catherine Perrier, née en Anjou de parents auvergnat et languedocien, chante depuis toujours, mais c’est surtout le contact avec les chanteurs de tradition, vus et enregistrés dans leur milieu, qui a été déterminant pour elle. Beauté des mélodies, des textes et des voix, et pas seulement le répertoire, mais la manière des interprètes paysans : il fallait transmettre tout cela.
Dès 1969, avec John Wright et d’autres amis, elle fonde le premier folk-club français, le Bourdon, qui sera longtemps un centre important de concerts, d’ateliers, de recherche et d’échanges. Pendant treize ans responsable de la programmation, elle invite jeunes groupes et vieux musiciens, donnant notamment, aux côtés des traditions musicales de l’hexagone, une place importante aux musiques extra-européennes, et ce bien avant qu’on ne parle de “World Music”.
Les archives sonores existantes n’étant à l’époque pas consultables, Catherine et John vont, au hasard des rencontres, collecter chanteurs et instrumentistes dans de nombreuses régions (environ 2000 pièces), et convaincre les jeunes musiciens implantés localement d’en faire autant.
L’écoute des chanteurs et l’observation de constantes dans leur interprétation forment la base de l’enseignement du chant traditionnel que Catherine dispense aujourd’hui aux CFMI d’Orsay et de Lille, et dans de nombreux stages.
En 1997, elle a obtenu une mission de la DMD pour établir un catalogue raisonné des chansons traditionnelles francophones figurant dans les collections inédites de la Phonothèque du musée des ATP à Paris.
Ensemble, Catherine et John ont fait de nombreuses tournées en France, en Europe et en Amérique du Nord. Trois fois, en 1976, ’83 et ’89, ils ont sélectionné et accompagné la délégation française - 25 chanteurs, musiciens et artisans - pour le Festival of American Folk Life, organisé annuellement par le Smithsonian Institution à Washington. Leur nom est aussi associé aux festivals et aux publications du Chasse-Marée en matière de patrimoine maritime chanté.