Le Plessix-Balisson est une petite enclave de la commune de Ploubalay
(arr. de Dinan) qui s'administre toute seule, qui a son maire et son curé, et dont
le territoire n'a que sept journaux d'étendue.
Les gens du bourg (il y a un bourg, qui a sa foire annuelle bien courue) disent
que le Plessix-Balisson était autrefois la plus importante ville de France,
au temps où Paris n'était qu'un petit village.
A côté, dans le fond de la vallée, ruines d'un château-fort.
Toutes les maisons du bourg ont des noms propres : la Juridiction, l'Auditoire,
la Petite Halle, la Grande Halle, le Ballon, la Chambre, Beaumanoir, la Chevronnaie,
Pont-Buhal, la Rangée d'Abas, le Pertu-Chaud, les Carreaux-Rouges, etc... — La
Fontaine au Loup, le Puits de la Ville, la Vallée des Grands-Mères. — Rue
Saint-Guillaume, Grande Rue, Place d'Armes, Place du Château.
François DUINE, in "R.T.P.-Revue des Traditions Populaires", 18.1903", page 45
Ils vinrent trois, trois magiciens de l'Arabie...
L'Arabie, un pays lointain où les lutins chevauchent sur des rayons de lune; où sont suspendus dans les airs des palais de diamant qui étincellent sous un soleil d'or pur; où les hommes portent au doigt des anneaux qui rendent invisibles.
Ils vinrent trois, trois magiciens de l'Arabie.
Ils étaient couverts de grands manteaux, tissus de neige, et portaient sur la tête un turban écarlate, découpé dans un nuage pourpre, un soir d'été.
A leur arrivée, les vieilles fées d'Armor firent solennelle réception. En l'honneur des étrangers, il y eut assemblée plénière des Korrigans, et, pendant sept nuits -nombre sacré-, à la musique lointaine des flots, il y eut des danses d'esprits dans les bois frissonnant de la baie de Cancaven.
Ils vinrent trois, trois magiciens de l'Arabie.
Longtemps ils firent des prestiges, mais, un jour, ayant perdu leur baguette d'argent, ils tombèrent en un chagrin mortel. Lors, les visita Monseigneur saint Budoc, archevêque de Dol, qui connaissait l'Orient d'où il avait rapporté jadis le couteau de la Cène et maints objets d'un prix infini. Et il leur parla leur langage. Et ils comprirent. Et ils moururent chrétiens, espérant dans la lumière de Judée.
Ils vinrent trois, trois magiciens de l'Arabie.
Ils furent ensevelis dans la cathédrale. O merveille ! Pendant les suaves oraisons du bienheureux pontife, surgit, sur les cadavres des enchanteurs, un tombeau rose et or, ciselé d'ornements mystérieux.
Vous pouvez me croire. Je tiens ces choses d'une femme très ancienne qui me les a contées en me montrant, selon son expression, le "reliquaire que fit saint Budoc pour ceux d'Orient".
Ils vinrent trois, trois magiciens de l'Arabie.
in "Le tombeau de Thomas James à Dol", H. de KERBEUZEC, impr. Plihon et Hervé, 1895, pages 35 à 38.
Sous le pseudonyme H. de KERBEUZEC on reconnaît François DUINE.
Son exemplaire personnel de cette brochure est conservé à la Bibliothèque Universitaire de Rennes - fonds DUINE - sous le N° 87 312
Ce texte poétique de François DUINE fait écho à la légende du "Graal rapporté à Dol" selon Baudry de BOURGUEIL, voir à ce sujet :
http://www.paysdebroceliande.com/broualan/broceliande-sources-anciennes.html#baudri