"J’ai essayé dans ce petit recueil de faire entrer tous les divers genres de devinettes qui caractérisent le goût, l’esprit, l’imagination des paysans de Guipel. Il est certain que les "gauloiseries" (jusqu’à l’obscénité) sont chères à nos bonnes gens. Honni soit qui mal y pense ! Car, au foyer familial, les plus honnêtes rient de bon cœur avec les plaisanteries les plus énormes."
D'après une note manuscrite sur son ex-libris à propos du N° de décembre 1905 de la "R.T.P.-Revue des Traditions Populaires".
Quand l'arc-en-ciel paraît, les enfants mettent de la salive dans le creux de la main, font le signe de couper cette salive en deux avec l'autre main, et disent en même temps : "Si tu laisses tes vaches passer dans mon pré Je te coupe par la moitié." L'enfant qui coupe l'arc-en-ciel ne doit pas l'avoir vu. Il est averti par ses camarades.
L'arc-en-ciel a sept couleurs, et puise son eau dans les ruisseaux et les étangs. Arc-en-ciel du matin Met la pluie en chemin. (Mauvais signe) Arc-en-ciel du soir Met la pluie en retard. (Signe de beau temps)entendu à Guipel
rapporté par François DUINE dans R.T.P. (Revue des Traditions Populaires), t.19-1904, p.112
"Lorsque la neige tombe, l'on dit : « Ce sont les mouches de patience qui volent ! » Ce mot fait allusion à la mauvaise humeur des maîtres à l'égard des domestiques, en hiver, quand ceux-ci ne peuvent aller travailler dehors."
François DUINE, R.T.P. "Revue des Traditions Populaires", t. 18-1903, p. 346
Devine, devinaille !
"La mère a un drap qu'elle ne peut plier ; le père voit des louis d'or qu'il ne peut compter ; et le fils regarde une pomme qu'il ne peut manger."François DUINE, R.T.P. "Revue des Traditions Populaires", t. 20-1905, p. 507.
Quand vient le soir, les petits bergers chantent : "Soula, couche ta, Que j'amène mon ava (mon bétail) A fils Bedou ; Fils Bedou n'est pas là, Je m'suis fourré dans un petit pertus, Comptant que le bon Dieu y fût ; Il y avait saint Tricot Qui graissait des coques ; Je lui en ai demandé Et il m'en a donné ; Le bout du nez m'en est resté."
mon ava (mon bétail)entendu à Dourdain
rapporté par François DUINE (sous pseudonyme Fra DEUNI) dans R.T.P. (Revue des Traditions Populaires), t.23-1908, p. 36