croyances diverses, animaux surprenants, et diableries

taureau qui n'a qu'une seule corne

Je suis intéressé de lire tout commentaire au sujet de ce court article : Voici ce qu'on raconte en Ille-et-Vilaine. Un boucher entend dire que dans son village l'on a vu un certain taureau qui a sur le front une seule corne. Il jure de le prendre. Il se met à la recherche de l'animal avec deux haches et cent couteaux. Enfin il trouve la bête qui, avec une complaisance parfaite, lui offre sa tête. Le boucher ûse en vain tous ses instruments. Alors le taureau donne à l'homme un coup de corne dans la poitrine, l'étend raide mort et retourne tranquillement dans son pays que l'on n'a pas pu encore découvrir.

source : Fra DEUNI (alias François DUINE), in "Revue des Traditions Populaires" – R.T.P. n°09.1894, page 295





Pèlerinages de Plouarzel pour les chevaux

A Plouarzel (canton de Saint-Renan, arrondissement de Brest) le culte le plus ancien, semble-t-il, est celui d'un saint breton nommé Arzel. Mais ce culte subit une véritable concurrence dans celui de Notre-Dame-de-Tresien, qui se trouve dans la même paroisse, et surtout dans celui de Saint-Alar (ou Saint-Eloi). La chapelle de ce dernier est placée à une lieue environ du bourg. Chaque année on afferme, et à un très haut prix, la fontaine du saint, ce qui donne droit à l'acquéreur de vendre le bol d'eau dix centimes. Or cette eau, dit-on, est très salutaire aux animaux. Le 24 juin, jour consacré à ce Saint-Eloi, il faut deux personnes pour débiter l'eau de la fontaine, tant il y a de monde.

François DUINE, in "R.T.P.-Revue des Traditions Populaires", t.19.1904", page 395





L'arbre qui éclaire

Au château de la Bretêche, à Saint-Symphorien (canton de Hédé, arrd. de Rennes), il y avait jadis un burluban. C'était un arbre merveilleux, comme l'on en voit dans les pays d'Orient, et qui éclairait pendant la nuit. De cet arbre il ne reste plus que la souche, qui est d'une largeur extraordinaire, et sur laquelle les messieurs de la Bretêche vont jouer aux cartes. Des étrangers leur ont proposé de payer cette souche 2.000 fr., mais les messieurs de la Bretêche ont répondu non !
(Conté par un fermier de Guipel).

François DUINE, in "R.T.P.-Revue des Traditions Populaires", t.18-1903, p. 380

Comme en écho, voici Mouches à feu, un court métrage (5’52) de Marion Bulot, réalisé en 2010 à l’école Pivaut de Nantes, au cours de sa 3ème année de formation au dessin d'animation.

L’histoire se déroule au cœur d’une forêt, une grand-mère bricoleuse, deux petits enfants espiègles, un vieil arbre et un peu de magie dans l’air

http://super-bubulle.blogspot.fr/2010/04/mouches-feu.html





La mauvaise bique

Un homme avait trois filles. Il envoya la plus grande en champ, pour garder sa bique, en lui recommandant bien de ne ramener la bique que quand la bique serait saoule. La fille la conduisit dans un champ de betteraves. Le soir elle lui demanda : « Biquette, es-tu saoule ? — Si saoule que j'en route [rote]. » A l'étable, le bonhomme vint et dit : « Biquette, es-tu saoule ? — Plate, plate, comme le carré de la table. Votre fille n'a fait que me cousser [poursuivre] et me battre. » Le bonhomme furieux tua sa plus grande fille. Le lendemain il envoya la cadette aux champs. La cadette mena la bique dans un champ de navets. Le soir elle lui demanda : « Biquette, es-tu saoule ? — Si saoule que j'en route. » A l'étable, je bonhomme vint et dit : « Biquette, es-tu saoule ? — Plate, plate, comme le carré de la table. Votre fille n'a fait que me cousser et me battre. » Le bonhomme furieux tua la cadette. Le lendemain il envoya la plus jeune aux champs. Tout alla comme auparavant. La fille et la bique parlèrent de la même façon. Mais le bonhomme, sans qu'on le vît, avait surveillé ce qui se passait. Aussi il comprit que Biquette était une menteuse. Alors il prit le carré de la table et le jeta sur la méchante brebis, qui eut la patte cassée pendant toute sa vie. C'est tout !

source : François DUINE, in "Contes d'enfants à Guipel - contes et légendes de la Haute-Bretagne, Revue des Traditions Populaires -R.T.P.-Revue des Traditions Populaires", t.19.1904", page 183

d'après : Marie-Josèphe BUAN, âgée de 8 ans... qui l'a appris par Eugène LEBRUN, 10 ans

Ce type de conte a été repéré un peu partout en Occident, et a reçu le N° 0212 au catalogue international, intitulé "la chèvre menteuse"





La fille métamorphosée en crapaud

Il était une fois une riche princesse qui eut le malheur d'offenser une méchante fée. Celle-ci trouva moyen de bannir de la ville son ennemie, et de la changer en crapaud. La jeune fille métamorphosée sera délivrée par un prince. Mais ce dernier devra être élevé dans un berceau, dont le bois proviendra d'un chêne, planté par l'enchanteresse, et, il devra réussir à embrasser trois fois la malheureuse bête, qui, à chaque baiser, grandira d'une manière prodigieuse.

Et le prince n'est pas encore venu. La belle en détresse apparaît tous les sept ans, et l'on entend ses plaintes dans la nuit du 30 avril au 1er mai.

Légende Lorraine (Conté par M. Kircher).

Ceci est dit aux veillées du village de Morsbach, près de la montagne d'Hérapul, en Lorraine.

source : François DUINE, Revue des Traditions Populaires - RTP, t. 15-1900, p. 125